Résultats du 8ᵉ Baromètre Agefiph-Ifop – Septembre 2025

Alors que la société française n’a jamais autant parlé de handicap – avec la mise en lumière des Jeux Paralympiques, la multiplication d’œuvres audiovisuelles dédiées, et une meilleure reconnaissance des enjeux liés à la santé mentale –, l’intégration professionnelle des personnes en situation de handicap reste un défi majeur.
Le 8ᵉ Baromètre Agefiph-Ifop publié en septembre 2025 confirme ce paradoxe : le handicap est désormais visible, mais encore trop souvent perçu comme un frein à l’emploi.

Des perceptions contrastées

L’étude révèle que 76 % des Français estiment qu’il est difficile pour une personne handicapée d’accéder à l’emploi, soit le niveau le plus élevé depuis 2017. Cette tendance témoigne d’une persistance des stéréotypes et d’un sentiment d’inadaptation du marché du travail.

Autre constat frappant : seuls 8 % des répondants savent que 80 % des handicaps sont invisibles. Ce manque d’information entretient des préjugés et contribue à la difficulté d’inclusion, notamment pour les personnes dont le handicap n’est pas immédiatement identifiable.

Les entreprises face au défi de l’inclusion

Le baromètre met en évidence une fracture entre les types d’entreprises :
Les TPE (moins de 10 salariés), qui composent la majorité du tissu économique français, restent les moins engagées dans l’embauche de personnes handicapées. Faute de moyens, de temps ou de connaissance des dispositifs, elles peinent à franchir le pas.
En revanche, les entreprises ayant déjà recruté des personnes en situation de handicap ou désigné un référent handicap montrent une intention d’embauche beaucoup plus forte, atteignant jusqu’à 91 %.
Cela confirme que l’expérience concrète et l’accompagnement transforment durablement les pratiques.

Handicap psychique et santé mentale : un enjeu central

La santé mentale, désignée Grande Cause nationale 2025, occupe une place importante dans cette édition du baromètre. Pourtant, le handicap psychique reste celui qui suscite le plus de réticences : près d’un salarié sur trois déclare ne pas être prêt à travailler avec une personne concernée.
Ce chiffre souligne l’importance d’intensifier la sensibilisation autour de la santé mentale en entreprise, d’autant que les troubles psychiques représentent une part croissante des reconnaissances administratives du handicap.

Une inclusion qui se construit dans la durée

Les résultats du baromètre montrent que l’inclusion ne peut reposer uniquement sur des campagnes de sensibilisation ou de grands événements.

Elle nécessite :

  • un accompagnement continu des employeurs, en particulier des petites structures,
  • une meilleure information sur la diversité des situations de handicap, la valorisation des réussites et des parcours inspirants,
  • une collaboration renforcée entre acteurs de l’emploi, de la formation et du médico-social.

Vers une évolution des mentalités

En dix ans, les perceptions ont évolué : le handicap est davantage présent dans les médias, dans la culture et dans les politiques publiques. Mais pour que cette visibilité se traduise en véritables opportunités professionnelles, il reste essentiel de lever les freins culturels, d’investir dans l’accompagnement et de favoriser les expérimentations réussies.

Le baromètre Agefiph-Ifop 2025 rappelle que l’inclusion professionnelle est un travail collectif et progressif, qui repose à la fois sur les politiques publiques, l’engagement des employeurs et la mobilisation de la société civile.