Etude de la DARES : L’insertion par l’activité économique en 2023

L’Insertion par l’Activité Économique (IAE) joue un rôle essentiel dans l’accompagnement vers l’emploi des personnes éloignées du marché du travail. Cependant, selon les données récentes publiées par la Dares, l’année 2023 a marqué une légère diminution des nouvelles entrées dans ces dispositifs, tout en soulignant des évolutions dans les profils et la durée des parcours d’insertion.

Une légère baisse des entrées dans les structures d’IAE

En 2023, 173 200 nouveaux contrats ont été signés dans des structures d’IAE, soit une baisse de 1 % par rapport à 2022. Cette diminution s’inscrit dans une tendance amorcée en 2022 (-4 % par rapport à 2021) et est particulièrement marquée dans les associations intermédiaires (AI), qui enregistrent une baisse de 8 % de leurs effectifs en fin d’année​.

Parmi les nouvelles entrées :

  • 64 400 en ateliers et chantiers d’insertion (ACI),
  • 21 400 en entreprises d’insertion (EI),
  • 49 300 en associations intermédiaires (AI),
  • 38 200 en entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI)​

Malgré cette baisse, 142 300 personnes étaient toujours en parcours d’insertion en fin d’année 2023, avec des différences notables selon le type de structure.

Un allongement des parcours en insertion

L’un des faits marquants de 2023 est l’augmentation de la durée moyenne des parcours, notamment au sein des associations intermédiaires. Les salariés y ont passé en moyenne 11,9 mois, soit une progression de près de trois mois par rapport à 2022​.

Dans les autres structures, la durée moyenne des parcours est restée relativement stable :

  • 11,5 mois en ACI,
  • 10,4 mois en EI,
  • 5,7 mois en ETTI, les parcours les plus courts​.

Ce phénomène est en partie lié à la mise en place du Pass IAE, qui a complexifié l’accès à ces structures et favorisé un allongement des parcours pour ceux qui y entrent.

Des bénéficiaires jeunes, peu diplômés et majoritairement masculins

Le profil des bénéficiaires de l’IAE reste globalement stable. En 2023, les nouveaux entrants sont principalement :

  • Des hommes (63 % des effectifs, avec des écarts selon les structures – 81 % en ETTI contre 42 % en AI).
  • Des jeunes de moins de 26 ans (26 % des entrées, avec une surreprésentation en ETTI – 35 %).
  • Des personnes peu diplômées, 79 % ayant un niveau inférieur au baccalauréat​

Les associations intermédiaires se distinguent cependant par une proportion plus élevée de femmes salariées, notamment employées dans le secteur des services aux particuliers et du nettoyage.

Des défis persistants pour l’avenir de l’IAE

Si l’IAE demeure un dispositif clé pour favoriser le retour à l’emploi, plusieurs enjeux demeurent :

  • L’accès restreint à certaines structures, notamment avec le Pass IAE qui a complexifié les démarches d’entrée.
  • Des inégalités d’opportunités professionnelles, avec une forte concentration des salariés sur des postes peu qualifiés.
  • Le maintien en emploi, qui reste un défi majeur pour assurer une insertion durable au-delà des dispositifs d’accompagnement.

Conclusion

L’insertion par l’activité économique continue de jouer un rôle majeur dans l’accompagnement des publics éloignés de l’emploi. Toutefois, la baisse des entrées et l’allongement des parcours soulignent la nécessité d’adapter les dispositifs pour répondre aux nouvelles contraintes du marché du travail. L’enjeu pour les prochaines années sera d’assurer une insertion durable en renforçant la formation, en diversifiant les opportunités professionnelles et en facilitant l’accès aux structures d’IAE.

Source : Dares